Mon animal peut-il m’aider à guérir?
Dans les années 50, c’est le psychiatre américain Boris Levinson qui a parlé le premier du pouvoir thérapeutique des animaux. Au cours de ses consultations avec un enfant autiste, il s’est rendu compte que son petit patient, muré dans son monde, jouait avec son chien, lui parlait. Grâce à son toutou, le médecin a pu récupérer l’attention de l’enfant. La zoothérapie venait de voir le jour (Zoo signifie en grec, animal et Therapia, soin, cure). En 1970, des chercheurs anglo-saxons ont démontré l’influence positive de l’animal domestique sur le psychisme. Il y a six ans, les conclusions d’une étude menée en Chine, en Allemagne et en Australie, a apporté de l’eau au moulin de la zoothérapie. Les propriétaires de nos amis les bêtes iraient moins souvent chez le médecin que les non-propriétaires. Ils seraient en meilleure santé. Caresser un chien, un chat, un cochon dinde pendant seulement six minutes ou regarder un quart d’heure un poisson rouge tournicoter dans son bocal, fait chuter la tension. Sortir avec son chien fait perdre du poids et baisser les triglycérides. Et du coup, on a moins de de problèmes d’hypertension artérielle et une chance de survie plus élevée en cas d’infarctus. Les personnes seules qui partagent leur vie avec un animal de compagnie sont moins sujettes aussi à la dépression. D’une manière générale, nos petits compagnons nous permettent de rester plus actifs et de traverser les épreuves de la vie. C’est pour toutes ces raisons que certains services hospitaliers les autorisent auprès des malades souffrant de dépression ou de la maladie d’Alzheimer. C’est William Tuke, choqué par les méthodes inhumaines pratiquées dans les asiles au XVIIIème siècle en Angleterre, qui a introduit le premier dans son institution York Retreat des lapins et des volailles pour soigner ses patients atteints de maladies mentales. Aujourd’hui, malgré l’évolution de la thérapie ou des animations assistées par les animaux domestiques (TAA ou AAA), les boules de poils sont encore trop souvent peu tolérées dans les hôpitaux et les maisons de retraite. Pourtant, la compagnie d’un toutou ou d’un minet recrée un lien affectif et social avec les résidents qui ont de nouveau le sentiment “d’avoir un but”, “d’être utiles pour quelqu’un”, “de ne plus être seul”s. “La personne âgée a besoin d’une contribution émotionnelle, d’un auditeur et aussi du sentiment qu’elle peut encore exercer un contrôle et porte une responsabilité”, explique le professeur Olbrich de l’institut de l’université d’Erlangen. Mieux encore. Les animaux améliorent les relations entre le personnel professionnel et les pensionnaires. “Cela crée des points communs et des sujets de discussions passionnés”, expliquent ceux qui ont ouvert leurs portes aux animaux. Alors qu’en France, on est encore frileux à cette idée, en Angleterre, en Irlande et en Californie, les petits pensionnaires à poils sont accueillis sans problème dans les hospices. Jana Clairmont, une américaine, a emmené Alex et Carlita au Centre de santé et rééducation de Polson, la ville où elle habite. Un coq et une poule. “Beaucoup de résidents ont été élevés dans des fermes. Tenir une poule dans les bras peut leur rafraîchir la mémoire mieux que des psychologues. Surtout lorsqu’ils sont atteints par la maladie d’Alzheimer”, a-t-elle expliqué. Son initiative remporte un vif succès dans la région. Elle prévoit de faire la même chose dans les centres de rééducation spécialisés pour les enfants. Aux Etats-Unis, toujours, la sous- directrice du Département du contrôle des animaux du Comté de Williamson au Texas, a ajouté à son service de livraison à domicile de repas pour les seniors nécessiteux un plateau pour leurs animaux (c’est le Paws on wheels). Elle a eu cette idée généreuse en apprenant que les maîtres préféraient donner leur repas à leur petit compagnon plutôt que de se nourrir. L’acteur Patrick Swayze a adopté un chien pour l’aider à combattre son cancer. Il a été vu récemment en meilleure santé que l’année dernière. Mais il n’a pas arrêté de se soigner. Il bénéficierait d’un nouveau traitement révolutionnaire de radiation. L’un aidant l’autre. Les animaux ne sont en effet ni des thérapeutes ni des psychologues encore moins des psychanalistes. “C’est une béquille, un élément de médiation qui peut permettre à certains individus de se révéler”, dit le neurologue Didier Vernay. De son côté le pédopsychiatre Boris Cyrulnik tient aussi à prévenir : “Gardons-nous de l’illusion américaine selon laquelle les animaux guérissent alors qu’ils contribuent à améliorer les choses.” C’est déjà énorme! Comme l’a constaté le professeur Montagner : “L’animal peut contribuer à renforcer les défenses immunitaires. Tout ce qui est anxiolytique et participe à la sécurité des individus joue un rôle, car cela permet de mobiliser plus facilement les défenses de l’organisme. Je suis à peu près sûr que l’on constatera des effets sur la longévité, sur les phénomènes de rémission des maladies infectieuses et, peut-être sur les cellules qui défendent notre organisme. Un gène s’exprime ou ne s’exprime pas, selon que certaines conditions de l’environnement somatique sont réunies ou pas. Les animaux sont l’une des clés qui peuvent permettre de verrouiller cet environnement. Il reste maintenant à le confirmer.” Tags: délphinothérape, équithérape, maisons de retraite, médiation animale, milieu hospitalier, zoothérapie Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site. 6 réponses pour “Mon animal peut-il m’aider à guérir?”Inscrire une réponse |
août 4th, 2009 at 20:08
Il est évident que cette methode est bénéfique…quand arreterons nous de croire que ces medocs(poison !,utilisés par les psychiatres ,guérissent?
De plus rien de plus naturel que ces animaux…merci pour cet article,car il est temps d’agir autrement et de respecter un peu plus les “malades”… !!!!
http://programmes.france3.fr/a-la-carte/index-fr.php?page=integrales&emission=923
http://www.newzy.fr/trends/idees/on-invente-des-maladies-pour-vendre-des-medicaments.html
août 5th, 2009 at 11:45
Mon animal peut-il m’aider à guérir?…
Dans les années 50, c’est le psychiatre américain Boris Levinson qui a parlé le premier du pouvoir thérapeutique des animaux. Au cours de ses consultations avec un enfant autiste, il s’est rendu compte que son petit patient, muré dans son mond…
août 8th, 2009 at 22:55
Cet article est très sympa. Et en plus, c’est vrai ; moi-même, j’ai une chienne qui est très vivante et pleine de joie et chaque jour, elle apporte du bonheur à la maisonnée. Plutôt que de prendre des “médicaments” qui détruisent l’élan vital d’une personne, vivons en paix avec nos amis les bêtes. J’irais jusqu’à prescrire un animal domestique à tout psychiatre ou médecin qui prescrit des drogues légales : peut être qu’il verra la vie autrement et s’arrêtera d’”empoisonner” son prochain. Si nous sommes très nombreux à en rêver, peut être cela va t’il arriver !!
août 10th, 2009 at 15:31
Merci pour cet article fort intéressant,
bonne continuation
Martine
août 25th, 2009 at 11:35
Quand les biens faits des animaux deviennent therapeutiques, pourquoi s’en privé ?…
……
octobre 21st, 2009 at 12:02
Bonjour !
Je suis passionnée par le thème des interactions entre les animaux et les enfants handicapés (autistes en particulier), et j’envisage de rédiger un mémoire sur ce sujet dans le cadre d’une formation dans le domaine du handicap que j’effectue au CNAM DE BREST (j’habite pour ma part à LANNION dans les Côtes-d’Armor). Si vous pouviez m’aidre à trouver de la “matière” pour mener à bien ce travail, je vous en remercie d’avance…