Le livre du jour : Ingrid et moi Une liberté douce-amère
Alors qu’il s’est battu pendant six ans sans relâche pour sa libération, a vendu son appartement, a mis sa vie professionnelle entre parenthèses, il ne recevra pas un seul mot de remerciement ni un seul geste tendre de la part de son épouse. A sa descente d’avion, après avoir étreint longuement sa mère, Ingrid lui dit : “Quoi de neuf, Juanqui?” et elle lui tapote la joue de façon presque méprisante. Comme on calme un brave chien empressé. Juan Carlos est humilié, en direct, devant des millions de téléspectateurs. “Quand Ingrid sera libérée, sa réaction va te surprendre”, l’avait prévenu sa psychologue. Il ne s’attendait toutefois pas à une tel accueill glacial. Pendant ses 28 heures en Colombie, l’ex-otage va remercier la terre entière mais elle ne prononcera jamais le nom de son mari. Elle n’a qu’un désir : rentrer en France avec ses enfants et divorcer. Mais Juan Carlos est encore trop amoureux pour deviner qu’il est déjà “plaqué”. Rayé de la vie d’Ingrid. Leur unique tête-à-tête, sans Yolanda, la mère d’Ingrid entre eux, durera une toute petite demi-heure. Quelques mois, après son retour, Ingrid dépêche son avocat pour que Juan Carlos signe les papiers du divorce alors qu’il est au chevet de son père mourant. “Ce jour-là, dit-il , il a cessé de l’aimer. Je ne reconnaissais plus ma femme”. Il a écrit ce livre pour tourner définitivement la page et croire de nouveau à l’amour. Mais aujourd’hui encore, il s’interroge toujours sur les raisons du désamour de celle qu’il a désormais cessée d’admirer. Un livre émouvant, jamais pleurnichard ni revanchard. Mais plutôt le chant d’un amour déçu. Ingrid et moi Une liberté douce-amère, Juan Carlos Lecompte, éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand, 21€90 Tags: divorce, guerilla colombienne, histoire d'amour, Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, otage Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site. 2 réponses pour “Le livre du jour : Ingrid et moi Une liberté douce-amère”Inscrire une réponse |
janvier 23rd, 2010 at 23:57
Le pauvre :/
Le livre est une bonne façon de s’autosoigner je trouve. Bon courage à lui.
janvier 25th, 2010 at 16:10
ce livre est passionnant non par gout pour la “vie des peoples” mais par sa charge en experience humaine Ce que décrit cet homme correspond point pour point à ce que beaucoup ont vécu et pour l’homme d’aujourd’hui qui veut se liberer de l’homme-macho c’est une experience qu’il fera tot ou tard dans la douleur